L’abeille ADANSONII possède la plus grande aire de répartition en
Afrique. On la trouve dans toute l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale.
Sa morphologie varie légèrement en fonction de ses milieux d’habitations, de
la savane arborée aux forêts tropicales.
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Tableau descriptif et comparatif…
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Abeille Africaine
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Abeille Européenne
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L’abeille
Adansonii est de petite taille. Son poids avoisine les 85 mg. Elle construit
1000 à 1050 alvéoles au dm2 correspondant à une alvéole de 4,7 mm de diamètre
environ.
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Parmi
toutes les races Mellifera, on considère l'abeille Européenne de taille
moyenne (l'abeille caucasienne serait légèrement plus grande).Les cires
gaufrées ne comportent que 800 alvéoles au dm2 en moyenne pour une alvéole de
5,2 à 5,5mm.
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Analyse
Biométrique :
C’est une
abeille de couleur caractéristique jaune, son deuxième tergite abdominal a
une largeur d’environ 1,55mm. Sa pilosité est très courte (0,15 à 0,17mm). La
longueur de sa langue aussi puisqu’elle ne dépasse pas 6mm. Enfin, son index
cubital avoisine 2,3.
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Couleur
différente selon les races.Pilosité plus ou moins grande selon les races
(L'abeille Carnica et l'Abeille noire sont réputées velues...).
Longueur
de langue: près de 7mm. Index cubital bien différent selon les races:
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Sur le plan biologique, son
développement sous les tropiques est légèrement plus rapide, surtout au stade
larvaire.
Développement
d'une reine: 14-16jours
Développement
d'une ouvrière: 18-20jours
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Développement
d'une reine: 16jours
Développement
d'une ouvrière: 21jours
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Elle se
distingue avant tout par son agressivité. Cette tendance à piquer sans
raison, à attaquer en masse et poursuivre loin l’infortune (parfois jusqu'à 1km!)résultent
sans doute de facteurs génétiques mais peut également s’expliquer par les
conditions climatiques et des prédateurs plus nombreux.
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Après une
visite de ruche en Europe, les apiculteurs peuvent être suivis sur une
distance de 30 à 150m. Rarement plus.Certaines races sont même réputées très
douces comme l'abeille Carnolienne et l'Italienne Ligustica..
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La colonie
est active toute l’année du fait d’une température assez constante. Si on
compare son rythme journalier, Adansonii commence le butinage très tôt le
matin et le poursuit tard dans la soirée. On explique cette adaptation par la
sécrétion nectarifère différente chez les plantes tropicales. C’est aussi une
formidable nettoyeuse au sein de la colonie.
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Les
rudes conditions climatiques de l'hiver Européen rendent tout butinage
impossible. Le froid provoque un processus naturel dans la colonie. Les
abeilles s'agglutinent pour former une grappe. Ce qui permet la régulation de
leur température.
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Enfin,
c’est une abeille essaimeuse. Pire, il n’est pas rare que la colonie puisse
abandonner complètement l’habitat. On parle alors de désertion. Pour cette
raison, le piégeage des essaims est plus difficile qu’en Europe.
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Là
encore, les races Européennes sont différentes. Certaines essaimment beaucoup
comme la Carnolienne. D'autres moins comme l'abeille noire, la caucasienne et
la Ligustica.
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Le danger de l’Abeille Africaine : son
mode de conquête !
On vient
de le voir, plusieurs points distinguent l’Abeille Européenne Mellifica de
l’Africaine Adansonii.
Cette-ci fut programmée par l’évolution pour se défendre. Et tout son héritage génétique la rend plus belliqueuse. On observe aussi chez elle, une tendance à migrer sans cesse en fonction des ressources de nourriture. On estime sa fréquence d’essaimage jusqu’à dix fois celle de l’abeille Européenne. Les saisons tropicales ne connaissant pas la rigueur de nos hivers, ces phénomènes peuvent peut-être expliquer pourquoi son besoin en réserve de miel est plus faible. Par contre, la récolte de pollen est précieuse pour Adansonii. Elle satisfait son besoin en nourriture pour l’élevage ininterrompu de nouvelles larves. |
Leur
importation : Aux risques et périls de vos abeilles !
L’arme cruciale de l’abeille Africaine est la durée de son développement larvaire. Un élevage de reines issues de mâles Européens et Africains a de grandes chances d’engendrer une reine Africaine qui tuera les suivantes de façon instinctive (instinct propre à toute l’espèce). On peut comprendre de cette manière à quel point l’abeille Africaine peut être dangereuse, mélangée à ses congénères non préparées à la rencontre, et sans aucune défense appropriée.
Un
scénario identique est malheureusement apparu au Brésil dans les années 70.
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On le connaît tous à présent,
depuis la médiatisation de ces abeilles dites « tueuses » se propageant
jusqu’aux Etats-Unis. Des reines « Scutellata » importées du Sud-est de
l’Afrique dans le but de donner naissance à une nouvelle race plus acharnée
au travail. L’expérimentation allait engendrer une réelle catastrophe! Malgré
certaines récoltes bien généreuses, l’hybridation a entraîné un phénomène d’hyper
agressivité chez ces abeilles. Leur instinct à l’essaimage, la procréation de
mâles plus nombreux, et leur naissance plus rapide ont favorisé leur essor à
travers tout le continent.
Les Américains s’adaptent tant bien que mal à cette invasion inexorable, conséquence de l’intervention humaine… |
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Article publié dans "l'abeille de France" (Février 2005 n°911), |
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