PIA, le 2 mars
La Source....
Ce matin, lundi, les plus âgés des apiculteurs de Pia, Mamourou, Bakary et Tara, ont
décidé de m’emmener à la source. Elle alimente le marigot surtout en période de
pluie bien sûr. Le reste de l’année, elle stagne et s’infiltre entre les pierres,
sous la terre même.
Nous remontons le lit parmi les pierres et les rochers.
J’avais eu peur de la montagne avec la dureté du soleil, en fait nous sommes la
plupart du temps à l’ombre en équilibre permanent sur les rochers pour
remonter la rivière à sec. Tout le monde a peur que je me blesse. Il faut dire que s’il faut me
transporter un genou ou une cheville blessés, sur le chemin du retour jusqu’au
village, puis à Djibasso au dispensaire, il y a
de quoi se faire du souci.
Au passage, ils me montrent les différentes espèces
d’arbres. Je remarque beaucoup de karités que je n’avais pas vus jusqu’à présent
et aussi du jasmin. Quelques fleurs embaument déjà. Et si nous faisions du miel
de jasmin !!! Est-ce possible ?
Des ruches traditionnelles semblent inaccessibles tellement
elles sont hautes. L’apiculteur à qui elles appartiennent me dit qu’il grimpe à
l’aide d’une corde. Dans une flaque, des milliers d’abeilles viennent boire.
Cette petite vallée est une merveille. J’explique que l’on retrouve souvent
cette configuration chez nous (lit de la rivière sec en été et débordant en
période de pluie). Je parle de Fontaine de Vaucluse.
Apis Mellifera Adansonii ou Abeille africaine |
Nous sommes une bonne dizaine de personnes, des apiculteurs,
une femme qui me suit partout, Mamoya Konaté. Des enfants courent à
nos côtés, les hommes ont bien essayé de les chasser, mais sans grande
conviction.
Mamoya KONATE |
Arrivés à la source, Dramane qui semble toujours prompt à retrouver
son âme d’enfant, se glisse dans l’interstice. Il veut m’attraper un poisson.
Il y aurait également des gros caïmans dans ce trou profond.
Dramane SONGA |
Je suis fatiguée, mais heureuse. J’ai bien marché, failli tomber à quelques
reprises. Une de mes chaussures a lâché et je marche avec celles de Moussa dont la semelle est lisse. Les hommes me soutiennent, me tiennent la main, me soulèvent presque
parfois.
En rentrant, Dramane tient encore à me
faire visiter des jardins. Je suis épuisée et j’ai peu envie d’aller
encore saluer. Mais « Faut venir » alors !!! On me donne plein
d’épis de maïs, des tomates….
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