lundi 2 mars 2015

LA SOURCE



PIA, le 2 mars

La Source....

Ce matin, lundi, les plus âgés des apiculteurs de Pia, Mamourou, Bakary et Tara, ont décidé de m’emmener à la source. Elle alimente le marigot surtout en période de pluie bien sûr. Le reste de l’année, elle stagne et s’infiltre entre les pierres, sous la terre même.
Nous remontons le lit parmi les pierres et les rochers. J’avais eu peur de la montagne avec la dureté du soleil, en fait nous sommes la plupart du temps à l’ombre en équilibre permanent sur les rochers pour remonter la rivière à sec. Tout le monde a peur que je me blesse. Il faut dire que s’il faut me transporter un genou ou une cheville blessés, sur le chemin du retour jusqu’au village, puis à Djibasso au dispensaire, il y a  de quoi se faire du souci.
Au passage, ils me montrent les différentes espèces d’arbres. Je remarque beaucoup de karités que je n’avais pas vus jusqu’à présent et aussi du jasmin. Quelques fleurs embaument déjà. Et si nous faisions du miel de jasmin !!! Est-ce possible ?


Des ruches traditionnelles semblent inaccessibles tellement elles sont hautes. L’apiculteur à qui elles appartiennent me dit qu’il grimpe à l’aide d’une corde. Dans une flaque, des milliers d’abeilles viennent boire. Cette petite vallée est une merveille. J’explique que l’on retrouve souvent cette configuration chez nous (lit de la rivière sec en été et débordant en période de pluie). Je parle de Fontaine de Vaucluse.

Apis Mellifera Adansonii ou Abeille africaine

Nous sommes une bonne dizaine de personnes, des apiculteurs, une femme qui me suit partout,  Mamoya Konaté. Des enfants courent à nos côtés, les hommes ont bien essayé de les chasser, mais sans grande conviction.

Mamoya KONATE

 Arrivés à la source, Dramane qui semble toujours prompt à retrouver son âme d’enfant, se glisse dans l’interstice. Il veut m’attraper un poisson. Il y aurait également des gros caïmans dans ce trou  profond.

Dramane SONGA

Je suis fatiguée, mais heureuse.  J’ai bien marché, failli tomber à quelques reprises. Une de mes chaussures a lâché et je marche avec celles de Moussa dont la semelle est lisse. Les hommes me soutiennent, me tiennent la main, me soulèvent presque parfois. 

En rentrant, Dramane tient encore à me  faire visiter des jardins. Je suis épuisée et j’ai peu envie d’aller encore saluer. Mais « Faut venir » alors !!! On me donne plein d’épis de maïs, des tomates….




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